Le quartier



Le quartier est le fruit de la réunion de deux anciens noyaux urbains que sont Hochelaga à l'ouest et Maisonneuve à l'est. Hochelaga, d’origine plus ancienne, est né des premiers développements initiés par la percée du chemin du Roi en 1737 tandis que Maisonneuve fut créée par les grands propriétaires de Hochelaga qui ont refusé l’annexion à Montréal en 1883.

Si le village d'Hochelaga se développa comme banlieue ouvrière, les promoteurs de Maisonneuve eurent d’autres ambitions pour leur municipalité.

En plus de faire de Maisonneuve le paradis de l’industrie, un imposant plan d’aménagement valorisant la vie urbaine, sur le plan fonctionnel aussi bien qu’esthétique, inspiré du mouvement « City Beautiful », fut élaboré. En quinze ans d’existence, Maisonneuve devient la cinquième ville industrielle du Canada, s’imposant dans divers secteurs économiques tels que le textile, le cuir, la métallurgie, l’alimentation, le tabac, la fabrication de meubles, etc. En 1910, la Cité devient en l’occurrence la capitale mondiale de la chaussure : on la surnomme la « Pittsburgh canadienne ».


La Première Guerre Mondiale va cependant mettre un terme à la prospérité de la Cité de Maisonneuve. Devant assumer une lourde dette publique, la municipalité s’annexe à Montréal en 1918.

Hochelaga et Maisonneuve se figent alors dans un lourd engourdissement. Les crises économiques successives des années 1960 et 1980 engendrent de fortes pertes d'emploi dans le quartier, déjà amorcées suite aux récessions d'après-guerre et au krach boursier d'octobre 1929. De nombreuses entreprises ferment leur porte. Associées à cela, les politiques publiques des années 1950 et 1960, favorables à l'exode vers les banlieues, suscitent le départ des populations plus favorisées économiquement.


Le quartier accuse en conséquence une réduction de sa population et s'appauvrit. Le projet d'autoroute est-ouest, au début des années 1970, n'est pas par ailleurs étranger à ce phénomène : bien que n'ayant pas abouti, il a cependant provoqué l'expropriation et la démolition de 1200 logements le long de la rue Notre-Dame. Le quartier a pu en mesurer les effets rapidement : entre 1971 et 1981, la population d'Hochelaga-Maisonneuve chute de 30,7% Imperceptiblement, Hochelaga-Maisonneuve voit en l'occurrence les artistes s’y installer et y créer petit à petit une communauté vivante qui investit les lieux.

Des entreprises à caractère culturel s’y développent également, trouvant dans les anciennes usines d'Hochelaga-Maisonneuve, un cadre répondant à leurs besoins. L’avenir du quartier s’imprègne dorénavant du dynamisme et de l’imagination d’une vie artistique fertile.

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